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13 000 € moins chers qu’une Peugeot : comment les SUV hybrides chinois écrasent le marché français
Il n’y a pas une seule voiture européenne dans le top 5 des hybrides rechargeables vendus en France en octobre 2026. D’après le bilan d’AAA Data, publié début novembre, BYD y place quatre modèles. La deuxième place revient au Jaecoo 7, un SUV du groupe chinois Chery. Dans sa version rechargeable DM-i, le BYD Atto 2 s’est vendu à 2 166 exemplaires, plus de trois fois plus que le deuxième. À eux cinq, ces modèles totalisent 4 555 immatriculations, soit 43 % des hybrides rechargeables vendus dans le mois.
Les hybrides rechargeables associent un moteur thermique à une batterie qu’on branche sur une prise pour rouler quelques dizaines de kilomètres en électrique. Leurs ventes ont progressé de 13 % sur un an, à 10 503 voitures, soit 7 % du marché français.
Derrière l’Atto 2 et le Jaecoo 7 (666 unités), on trouve les BYD Seal U (636), Sealion 5 (588) et Dolphin G (499). Pourtant, Jaecoo, marque créée par Chery pour l’export, n’est arrivée en France qu’au printemps 2026. Et BYD ne s’en cachait pas : dès janvier, le constructeur misait sur l’hybride pour contourner les taxes européennes.
Pourquoi l’hybride rechargeable ? Parce qu’il passe entre les mailles du filet douanier. Depuis fin octobre 2024, l’Union européenne applique des droits de douane supplémentaires aux voitures électriques fabriquées en Chine. Pour BYD, c’est 17 % de plus, en plus des 10 % habituels.
Or l’enquête anti-subventions de la Commission européenne, ouverte en 2023, ne visait que les voitures 100 % électriques. Les hybrides chinois ne paient donc que les 10 % de base (même si ces hybrides rechargeables polluent jusqu’à cinq fois plus qu’annoncé, mais c’est un autre débat).
L’écart de prix avec les modèles européens est net. Le BYD Sealion 5 DM-i commence à 30 990 euros avant remise, alors que le Peugeot 3008 hybride rechargeable démarre à 44 290 euros. Il s’agit pourtant de deux SUV compacts.
En dessous, l’Atto 2 DM-i débute à 26 990 euros pour 4,31 mètres de long. C’est à peu près la taille d’un Peugeot 2008, qui n’existe pas en hybride rechargeable. Bref, à taille égale, Peugeot n’a pas d’hybride rechargeable à opposer à l’Atto 2. Et une catégorie au-dessus, il faut compter plus de 10 000 euros d’écart.
Le 9 octobre, Bruxelles et Pékin ont signé un accord qui plafonne à 350 000 par an les importations d’hybrides chinois. Il s’applique pendant quatre ans, à partir de début décembre. Sans cette mesure, selon la Commission européenne, ces importations auraient pu atteindre 800 000 voitures en 2026. Le plafond concerne tous les types d’hybrides, des micro-hybrides aux rechargeables. Il vaut pour les 27 pays de l’Union, et BYD, Chery et les autres marques chinoises devront se le partager.
Sauf que le quota ne concerne que les voitures importées de Chine. Une voiture assemblée en Europe y échappe, et les constructeurs chinois l’ont bien compris avec l’électrique : ils s’installent maintenant dans des usines européennes. BYD a lancé la production dans son usine de Szeged, en Hongrie. Sa capacité de départ atteint 150 000 véhicules par an, soit l’équivalent de 43 % du quota annuel. Chery s’est associé à l’espagnol Ebro dans l’ancienne usine Nissan de Barcelone, où la production en série doit démarrer au premier trimestre 2027.
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