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L’emblématique Hubble est voué à s’écraser, la NASA cherche une entreprise pour le sauver
Hubble perd un peu d’altitude chaque jour, et sa chute dans l’atmosphère est inévitable. Mais la NASA n’a pas dit son dernier mot : elle cherche déjà qui pourrait le sauver.
Cet été, la NASA a déjà tenté de sauver le télescope Swift pour les mêmes raisons. Le vaisseau robotique LINK, conçu par la start-up Katalyst, devait ainsi le remonter sur une orbite plus haute. Mais après une panne, l’agence a dû renoncer. Si le télescope lancé en 2004 s’apprête à brûler dans l’atmosphère, il semblerait bien que les ingénieurs aient envie de s’en inspirer pour venir en aide aux plus emblématiques des observatoires spatiaux : Hubble.
Ce 29 octobre, la NASA a en effet lancé une demande d’informations auprès des entreprises du secteur spatial afin de déterminer qui serait capable de propulser Hubble plus haut, de le moderniser, ou de le faire rentrer dans l’atmosphère de façon contrôlée le moment venu. » Hubble a encore de la science importante devant lui », a rappelé l’administrateur de l’agence, Jared Isaacman.
« S’il existe des moyens innovants et rentables de prolonger la durée de vie d’un équipement déjà en orbite, nous nous devons, vis-à-vis des contribuables américains et de la communauté scientifique, de les explorer », poursuit-il.
Tout comme son homologue Swift, Hubble est freiné par les infimes traces d’air qui subsistent à son altitude, et ne peut pas compenser seul sa lente descente. Sa rentrée dans l’atmosphère est ainsi estimée aux alentours de 2033-2034, ce qui impose une mission d’ici à 2032. La NASA a clairement pris les devants cette fois : Katalyst Space n’a eu que quelques mois pour préparer et lancer LINK.
Entre 1993 et 2009, cinq missions de maintenance ont déjà permis de réparer et de moderniser Hubble directement en orbite grâce à la navette spatiale. Mais cette fois, l’agence mise sur l’industrie privée qui a beaucoup progressé ces dernières années dans la capture et l’entretien de satellites.
Un tel effort se comprend tant Hubble a apporté à l’astronomie. Lancé en 1990 en coopération avec l’ESA, il a permis de préciser l’âge de l’univers, estimé à environ 13,8 milliards d’années. Ses observations, associées à celles de télescopes au sol, ont aussi montré que son expansion s’accélère, une découverte récompensée par le prix Nobel de physique en 2011.
Il a également contribué à confirmer la présence de trous noirs supermassifs au cœur des galaxies, tandis que ses images des « champs profonds » ont dévoilé des galaxies très lointaines et des visuels à couper le souffle. Et son travail n’est pas fini puisqu’aujourd’hui, il travaille de concert avec le télescope James-Webb, en orbite depuis 2021.
« Hubble est une icône nationale qui, depuis plus de 35 ans, a profondément bouleversé la façon dont l’humanité perçoit notre univers », assure Nicky Fox, administratrice adjointe de la Direction des missions scientifiques au siège de la NASA. Qui pourra le sauver ?