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Actualité : L’IA pourrait aider à puiser 1000 milliards de barils de pétrole supplémentaires, un désastre écologique
Une étude parue il y a quelques semaines dans la revue Nature tire la sonnette d’alarme. L’intelligence artificielle pourrait bien aider l’industrie pétrolière à siphonner encore un peu plus nos sols pour en extraire les dernières gouttes de pétrole. Au risque d’alourdir encore un peu plus le bilan carbone de la technologie.
© Sherbak_photo // Shutterstock - L'IA est la meilleure amie des entreprises pétrolières
Quand on parle de l’empreinte écologique de l’IA, le débat se concentre surtout autour de la consommation d’énergie et d’eau des centres de données. Pourtant, cela ne représente pas grand-chose par rapport aux activités d’extraction pétrolières permises par l’emploi de cette technologie.
C’est ce que nous apprend un récent papier de recherche publié dans la revue Nature par deux anciens employés de chez Microsoft. Holly et Will Alpine y soulignent que l’emploi de l’IA pourrait permettre d’extraire entre 470 milliards et 1 billion de barils de pétrole de nos sols. De quoi annihiler tous les gains issus de l’emploi de l’IA dans le secteur du renouvelable.
Concrètement, la technologie pourrait aider à repérer des gisements, optimiser les opérations de forages, améliorer la productivité… Bref, faire baisser les coûts pour permettre aux entreprises d’aller forer plus loin et plus fort sans se ruiner. Les gains permis par l’emploi de l’intelligence artificielle dans le secteur pourraient augmenter les émissions de CO2 de 470 000 à 1,8 milliard de tonnes chaque année. C’est plus de 6 fois l’empreinte carbone annuelle d’un pays comme la France et entre 3 à 13 fois supérieure à l’empreinte carbone directe de l’industrie des centres de données.
Les barres grises représentent les activités des centres de données, les barres bleues les émissions évitées grâce à l'utilisation d'énergies renouvelables, la barre rouge les émissions générées par l'utilisation de combustibles fossiles et la barre violette l'effet net.
Ces "émissions induites", telles qu’elles sont nommées, prennent en compte les émissions évitées grâce au développement des renouvelables grâce à l’IA. Mais les gains sont entre quatre à cinq fois moins importants dans ce secteur que dans celui des énergies fossiles.
Selon l’étude, ces résultats "battent en brèche le principe selon lequel les émissions liées à l’IA s’équilibrent entre celles permises et celles évitées" par l’usage de la technologie. Son utilisation est disproportionnellement plus polluante qu’elle n’est écologique.
Pas question non plus pour Holly et Will Alpine de décorréler ce bilan catastrophique du bilan carbone de l’IA sous prétexte qu’elle ne serait qu’une technologie de plus au service de l’industrie pétrolière. Puisque l’IA elle-même se repose largement sur des sources d’énergie fossile pour fonctionner, "son empreinte opérationnelle et les répercussions de ses applications sur l’ensemble de l’économie doivent être prises en compte de manière conjointe", avance l’étude.
Parler de l’empreinte carbone de l’IA sans parler des conséquences concrètes de son utilisation dans l’industrie reviendrait donc à dénoncer le milieu de la publicité parce qu’il utilise trop de papier sans voir les SUV qu’il nous incite à acheter.