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Actualité : La France teste un robot maçon capable de construire 60 m² de mur en une journée : il pourrait arriver sur les chantiers en 2027
Fin octobre, près de Paris, Bouygues Construction a mis au travail le WLTR, un robot qui monte des murs de briques sans échafaudage. La machine a déjà tourné sur une centaine de chantiers en Europe et doit arriver sur ses premiers projets français début 2027. Elle soulagera les équipes, sans régler à elle seule le manque de maçons.
© Image d'illustration générée par IA (Gemini) - La France teste un robot maçon capable de construire 60 m² de mur en une journée : il pourrait arriver sur les chantiers en 2027
Sur une base mobile verte, un bras articulé saisit un bloc de terre cuite, l'enduit de deux cordons de colle et le pose au millimètre près, avant de repartir chercher le suivant. Du 26 au 30 octobre 2026, la scène s'est répétée à Chilly-Mazarin (Essonne) sur Scale One. Bouygues Construction a inauguré le 6 octobre cette plateforme d'essais de 2500 m², où le géant du BTP teste en conditions réelles robots, matériaux et procédés avant de les envoyer sur ses chantiers. Le maçon robotisé y partage l'espace avec un humanoïde, un chien-robot de surveillance et une imprimante 3D à béton. Drôle de voisinage…
A robot bricklayer named WLTR could soon be the solution to the UK's bricklayer shortage. It matches the output of five bricklayers and one laborer per hour, and is operated by just one person pic.twitter.com/wsrl3KPRds
Le WLTR, surnommé Walter, pèse 2,5 t et vient de République tchèque. Le briquetier Wienerberger a conçu les blocs, KM Robotics et GreenBuild se sont chargés de la machine. L'opérateur charge les plans sur une tablette et un laser à lignes croisées donne l'alignement, puis le robot monte la paroi jusqu'à 3,50 m sans échafaudage. Les briques Porotherm “Robot-Ready” ont des encoches latérales où vient se loger la pince, et on les assemble à la mousse adhésive Dryfix ou au mortier-colle à joint mince.
Côté cadence, la fiche technique annonce 7,5 m² par heure en moyenne, avec des pointes à 10 m². Les 60 m² par jour qui circulent sortent de là : un chiffre théorique, calculé sur 8 h parce que les droits syndicaux des robots, pourquoi pas ? Selon Wienerberger, une douzaine de machines tournent déjà et ont monté plus de 55 000 m² de murs sur plus de 100 projets, de la Tchéquie au Royaume-Uni. Chez Bouygues Bâtiment Industrie, Philippe Robinaud a annoncé un premier déploiement sur des projets pilotes au premier trimestre 2027.
Les maçons manquent partout en Europe. En France, le métier revient chaque année parmi les plus difficiles à recruter dans l'enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail, et il vieillit sans que les jeunes s'y pressent, rebutés par les charges lourdes et les mêmes gestes répétés dehors, quel que soit le temps.
La machine créerait même des postes qualifiés, puisqu'il faut toujours des opérateurs pour la superviser
Au Royaume-Uni, où le robot a bâti en 2025 un lotissement de 27 maisons à Durham, le promoteur Jan Telensky ne tourne pas autour du pot : “Il n'entre tout simplement pas assez de maçons dans le métier.” D'après lui, la machine créerait même des postes qualifiés, puisqu'il faut toujours des opérateurs pour la superviser. Elle prend surtout en charge le plus pénible. Elle soulève des blocs jusqu'à 90 kg, et avec l'échafaudage disparaissent les risques de chute. Le maçon devient dès lors pilote. Deux personnes suffisent : un opérateur, plus un assistant qui alimente les palettes.
Combien de maçons remplace-t-il ? Cela dépend beaucoup de qui répond. Auprès de Reuters, Jan Telensky parlait de cinq maçons et un aide. Le fabricant GreenBuild évoquait jusqu'à 200 m² par jour. Le groupe autrichien PORR, lui, a constaté sur un chantier tchèque une productivité parfois comparable à celle d'un seul maçon expérimenté. Les chantiers publiés tournent plutôt entre 5 et 7 m² par heure. On est donc loin des 200 m².