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La bulle IA craque mais n’éclate pas, et la chute de Nvidia et Micron pourrait, à terme, faire baisser le prix de la RAM
Lundi 2 novembre, un Raspberry Pi coûtait presque 500 euros en 16 Go. Le petit ordinateur des bidouilleurs coûte désormais plus du triple de son prix de lancement de janvier 2025. La cause est la même depuis un an : la mémoire vive, aspirée par les centres de données IA. Et cette augmentation de prix, elle est dans tous les domaines de l’électronique grand public.
Trois jours plus tard, les investisseurs paniquaient pour la raison exactement inverse, la peur qu’on ne construise plus assez de ces mêmes centres de données.
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Les élections de mi-mandat de ce mardi 3 novembre ont tout déclenché. Les démocrates ont pris les deux chambres du Congrès et plusieurs postes de gouverneur, dont celui du Texas. La gagnante, Gina Hinojosa, a fait campagne pour un moratoire temporaire sur les centres de données.
Le Texas freinait déjà avant le scrutin. Le gouverneur républicain sortant, Greg Abbott, a commencé en août à geler les nouvelles demandes de centres de données, au niveau du réseau électrique de l’État puis des permis environnementaux, le temps d’auditer les projets. Gina Hinojosa veut prolonger cette pause jusqu’à ce que la législature texane, qui se réunit en janvier, vote de nouvelles protections.
Selon Wells Fargo, cité par CNBC, cet État concentre 27 % des gigawatts de centres de données prévus aux États-Unis, loin devant la Géorgie (7 %), l’Ohio et la Pennsylvanie (5 % chacun), trois États où les démocrates ont aussi remporté ou conservé le poste de gouverneur. Après un rebond mercredi, le Nasdaq a plongé de 5,52 % ce jeudi 5 novembre, sa pire séance depuis avril 2025. Selon CNN, environ 2 500 milliards de dollars (environ 2 150 milliards d’euros) de capitalisation ont été effacés. L’indice se retrouve à plus de 10 % sous son record du 6 octobre, la définition officielle d’une correction.
Nvidia a perdu 9,26 %, AMD et Micron plus de 17 %, Broadcom 10 % et l’indice des semi-conducteurs de Philadelphie plus de 10 %. Vendredi, la vague a touché l’Asie : TSMC a brièvement atteint sa limite de baisse journalière, la Bourse de Séoul a dû suspendre temporairement ses cotations et Taïwan termine sa pire semaine depuis 1991.
Les analystes chiffrent surtout des retards : UBS estime qu’environ 30 % des capacités de centres de données attendues aux États-Unis en 2028 seraient menacées par des pauses de construction, pour Goldman Sachs, les États susceptibles d’imposer des restrictions, dont le Texas, la Géorgie et le Michigan, représentent 45 % des capacités prévues.
Les analystes évoquent des retards, aucune annulation pour l’instant. Pour des entreprises valorisées comme si chaque gigawatt devait sortir de terre à l’heure, un retard suffit à faire plonger le cours.
Le secteur arrivait déjà fragilisé, avec la chute de 28,6 % d’Intel fin octobre et des valorisations qui supposaient une croissance sans accroc.