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On vous résume l'affaire de l'homme jugé pour des insultes racistes et un tir à la carabine près d'enfants en Haute-Loire
Un sexagénaire est jugé lundi devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay, quatre mois après avoir sorti sa carabine à plomb et tiré à proximité d'enfants qui jouaient au ballon. L'affaire avait pris une tournure politique, la police ayant été accusée d'avoir occulté des propos racistes rapportés lors du dépôt de plainte.
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Un coup de feu, des enfants, des accusations de racisme et une affaire qui a largement dépassé les murs du quartier populaire de l'Arbousset, à Espaly-Saint-Marcel (Haute-Loire). Le 19 avril, dans cette commune voisine du Puy-en-Velay, un homme de 65 ans fait usage d'une carabine à plomb alors qu'un groupe d'enfants jouent au ballon à proximité. L'homme dit avoir tiré en l'air après avoir été la cible d'insultes racistes. Mais des témoins affirment que le sexagénaire, lui, a proféré des injures à caractère raciste. Et le père d'un des enfants assure que les policiers n'ont pas retenu ce point quand ils ont pris sa plainte. La polémique enfle.
Quatre mois, deux enquêtes et une mobilisation citoyenne et politique plus tard, le sexagénaire doit comparaître, lundi 17 août, devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay. Après le motif de "violences avec arme", celui d'"injures publiques en raison de l'ethnie, la race ou la religion" a été retenu. Franceinfo revient sur les faits.
Tout commence le 19 avril par un coup de feu tiré par un sexagénaire à proximité d'un groupe d'enfants. Une plainte est déposée au commissariat du Puy-en-Velay. Placé en garde à vue, l'homme affirme aux policiers qu'il s'entraînait au tir dans son garage avec une carabine à plomb lorsque des jeunes l'ont traité de "sale Français". Il reconnaît avoir utilisé son arme, mais soutient avoir seulement "tiré en l'air" depuis sa fenêtre, d'après le récit qu'il livre et que le parquet du Puy-en-Velay confirme. A l'issue de sa garde à vue, l'homme fait l'objet d'une convocation devant le tribunal correctionnel en juillet pour "violences avec arme".
Mais deux jours plus tard, le 21 avril, une version des faits bien différente est livrée par des témoins anonymes interrogés par Le Progrès , qui publie également des photos de la scène. Et les accusations de racisme se retournent contre le sexagénaire. "Une dizaine d'enfants, âgés de 6 à 11 ans, jouait quand un habitant du lotissement est sorti armé, raconte au quotidien local la tante d'un des jeunes. Il leur a couru après avec une carabine à plomb, tout en disant : 'Dehors les Noirs et les Arabes !' Finalement, il a mis en joue mon neveu, puis lui a tiré dessus. La balle a touché son mollet. Mon neveu a eu tellement peur. Il a cru qu'il allait mourir." Une voisine, "choquée", poursuit le récit : "J'étais chez moi, la fenêtre ouverte, quand j'ai entendu les petits m'appeler d'en bas. Ils disaient : 'Il nous tire dessus, il nous tire dessus !' Je l'ai vu les menacer avec la carabine."
La tante d'un des enfants affirme également que, dans la résidence, le sexagénaire a déjà été impliqué dans d'autres incidents sur fond de propos racistes. Le journal régional met en outre en ligne une vidéo antérieure aux faits dans laquelle on voit l'homme clamer : "Je suis raciste et je suis fier d'être raciste. Je le dis haut et fort."
Reste que le parquet ne retient pas le caractère raciste et s'en explique. "Un coup est parti, il le reconnaît, mais parle d'un accident. Un seul enfant dit qu'il a été visé, mais aucun autre ne dit avoir été pointé" et "aucun témoin ou victime ne fait état de propos racistes prononcés", déclare-t-il à la presse. Selon lui, l'homme dit "avoir été excédé par les bruits des enfants".
Mais à la lecture de la presse, l'affaire va rapidement prendre un tour politique. Plusieurs élus de gauche réagissent sur X, dénonçant, à l'image du député François Ruffin, "Une véritable chasse à l'enfant de couleur". "La République ne doit pas transiger avec le racisme. Ses représentants, ses institutions doivent êtr