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Aux Etats-Unis, le procès de Lindsay Clancy, jugée pour le meurtre de ses trois enfants, met en lumière une maladie rare, la "psychose post-partum"
Les avocats de l'infirmière de 36 ans invoquent ce trouble psychiatrique pour défendre son irresponsabilité pénale. Les procureurs estiment eux que la mère de famille a tué ses enfants "de manière délibérée et méticuleuse".
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Un procès très suivi outre-Atlantique. Lindsay Clancy est jugée depuis le 27 juillet par le tribunal de Plymouth, dans le Massachusetts (Etats-Unis), pour le meurtre de ses trois enfants âgés de 5 ans, 3 ans et 8 mois, le 24 janvier 2023, date à laquelle elle a ensuite tenté de se suicider. Les jurés doivent déterminer si cette mère de 36 ans a délibérément tué ses enfants ou si son jugement a été altéré par ses troubles psychiatriques.
Si elle est reconnue coupable, cette ancienne infirmière à la maternité de Boston risque la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle, détaille The Guardian.Si elle est reconnue irresponsable pénalement, elle pourrait être placée dans un établissement psychiatrique.
L'avocat de Lindsay Clancy, Kevin Reddington, reconnaît qu'elle a tué ses enfants. Mais il plaide son irresponsabilité pénale, arguant qu'elle souffrait d'une "psychose puerpérale", ou "psychose post-partum", une maladie mentale rare qui survient après l'accouchement. Il avance également qu'elle était atteinte d'un trouble bipolaire non diagnostiqué, rapporte The Guardian.
Sa défense avance aussi que son état s'est aggravé à cause des antidépresseurs prescrits après la naissance de son troisième enfant, et notamment d'un médicament antipsychotique qu'elle a commencé à prendre en 2022, précise CNN. "Elle n'avait aucun mobile. Elle aimait ses enfants, selon son avocat. Elle avait l'intention de se suicider et ça, elle ne l'a pas simulé."
Une version des faits contestée par le ministère public. Les procureurs estiment que la soignante a tué ses enfants "de manière délibérée et méticuleuse", ajoute CNN. Reconnaissant qu'elle souffrait alors de troubles mentaux, ils affirment qu'elle n'était pas en "pleine crise psychotique" lorsqu'elle a étranglé ses enfants. L'un d'entre eux a même assuré que Lindsay Clancy "avait agi de manière intentionnelle, rationnelle et rapide" et qu'elle portait l'entière responsabilité de ces morts, rapporte Associated Press. Durant le procès, il a exhorté les juges à ne pas considérer ce procès comme "un débat public sur la santé mentale des femmes et la manière dont le système médical les traite".
Ce procès a pourtant bel et bien mis en lumière la santé mentale des jeunes mères et en particulier la psychose puerpérale. Cette maladie rare touche une à deux femmes ayant accouché sur 1 000, selon l'Assurance-maladie, et survient le plus souvent dans la semaine qui suit la naissance de l'enfant. Il s'agit d'une "urgence psychiatrique", qui se caractérise par une grande fluctuation de l'humeur, une désorientation, des hallucinations ou encore une très grande anxiété, poursuit l'Assurance-maladie, qui estime que cette maladie présente un risque très élevé de suicide ou d'infanticide. Toutefois, "ces passages à l'acte restent rares", explique la psychiatre Lucie Joly à La Croix.
Ce trouble psychiatrique diffère de la dépression post-partum "par sa brutalité et la gravité de ses symptômes", explique la psychiatre Sarah Tebeka auprès de la fondation FondaMental, dédiée à la santé mentale. La psychose puerpérale résulte "généralement d'une interaction complexe entre des facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux", poursuit la praticienne.
Les mères qui en souffrent "présentent parfois des antécédents personnels ou familiaux de troubles psychiatriques", comme la bipolarité, la schizophrénie ou la dépression, "mais la psychose puerpérale peut aussi survenir sans aucun antécédent psychiatrique", souligne Elise Marcende, présidente de l'association Maman Blues.