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Actualité : Apnée du sommeil : 15 jours au lieu de 106 pour être diagnostiqué, grâce à un simple patch collé sur le menton
106 jours d'attente ramenés à 15. C'est ce qu'a obtenu un essai français mené sur 849 patients avec un simple adhésif de 3 grammes posé sur le menton, publié dans une revue du groupe Lancet.
© Sunrise - Le capteur Sunrise, un adhésif de 3 grammes posé au milieu du menton, enregistre les micro-mouvements de la mandibule pendant toute la nuit.
Vous soupçonnez une apnée du sommeil, votre médecin vous adresse à un spécialiste, et là commence l'attente. Plusieurs mois, souvent, avant de décrocher une nuit d'enregistrement en laboratoire, harnaché d'électrodes dans une chambre inconnue. Ce parcours dissuasif explique en partie pourquoi tant de cas restent invisibles : Santé respiratoire France estime que sept personnes apnéiques sur dix échappent au diagnostic, et les femmes plus encore que les hommes.
L'idée validée par l'essai SUNSAS repose sur une observation physiologique élégante. Quand le cerveau lutte pour maintenir le passage de l'air, il commande la contraction des muscles de la mandibule. Ces micro-mouvements racontent la nuit entière, à condition de savoir les lire.
Un adhésif de 3 grammes développé par la société belge Sunrise, posé au milieu du menton, les enregistre. Un algorithme d'intelligence artificielle les décode, le rapport atterrit sur le smartphone au réveil.
Le capteur se connecte en Bluetooth à une application mobile, qui pilote l'enregistrement du coucher au réveil.
D'autres équipes explorent des voies parallèles, comme ces chercheurs de Georgia Tech dont le patch bioélectronique posé sur le front affiche plus de 92 % de précision en lisant l'activité cérébrale.
Menée d'octobre 2021 à octobre 2024 sous la coordination des Prs Jean-Louis Pépin et Matthieu Roustit, l'étude conduite par l'Université Grenoble Alpes, l'Inserm et le CHU Grenoble Alpes a réparti par tirage au sort 849 adultes entre le parcours domicile et la polysomnographie classique. Verdict : 15 jours contre 106 pour obtenir le diagnostic, 50 jours contre 124 pour démarrer un traitement, sans aucune perte de fiabilité par rapport à l'examen de référence.
Capture d'écran de démonstration : l'application restitue au réveil l'effort respiratoire, la fragmentation du sommeil et les différents stades de la nuit.
Jean-Louis Pépin, professeur de médecine du sommeil à l'Université Grenoble Alpes et investigateur coordonnateur de SUNSAS, estime que ce parcours peut offrir une solution pragmatique en pratique courante, puisqu'il raccourcit les délais d'accès au diagnostic et au traitement sans dégrader les résultats cliniques.