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"Une campagne pour tromper ses utilisateurs" : qu'est-il reproché au groupe Meta, jugé aux Etats-Unis pour avoir "appâté" les adolescents sur Instagram et Facebook ?
Quatre Etats américains réclament à la multinationale près de 200 milliards de dollars de pénalités et une refonte de ses deux applications phares pour mieux protéger les jeunes utilisateurs.
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Est-ce que Meta a "appâté" les adolescents sur ses plateformes, au détriment de leur santé mentale, afin de réaliser davantage de profits publicitaires ? Le premier procès fédéral contre la maison mère d'Instagram et de Facebook s'est ouvert mardi 18 août à Oakland (Californie, Etats-Unis), et devrait durer jusque fin septembre.
Déjà condamné deux fois en 2026 , pour mise en danger de mineurs, en Californie et au Nouveau-Mexique, Meta affronte dans cette nouvelle procédure 29 Etats américains, qui lui réclament près de 200 milliards de dollars (173 milliards d'euros) de pénalités et une refonte de ses deux applications phares pour mieux protéger les jeunes utilisateurs. Franceinfo détaille les charges qui pèsent contre le groupe de Mark Zuckerberg, alors que ce dernier est appelé à témoigner.
Dans une plainte déposée en 2023 contre Meta, 29 Etats américains – représentés au procès par les procureurs généraux de la Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey – affirment que plusieurs fonctionnalités des plateformes du groupe (défilement infini du contenus, "j'aime", notifications, algorithmes de recommandation, etc.) ont été développées pour encourager une "utilisation compulsive" chez les jeunes, rapporte la radio publique NPR. Objectif : que les utilisateurs restent plus longtemps sur Instagram et Facebook, afin de parfaire le ciblage publicitaire, et donc de maximiser les profits du groupe.
"Il n'y a pas de débat possible sur le fait que Meta a à la fois reconnu que certaines personnes peuvent avoir du mal à gérer leur usage des réseaux sociaux et cherché à concevoir des outils pour les aider", a rétorqué Paul Schmidt, l'avocat du géant numérique, cité par l'AFP. Une réponse insuffisante, selon la procureure générale adjointe de Californie, Megan O'Neill. Elle a qualifié ces outils de "barrières en papier de soie", seuls 0,2% des adolescents ayant réellement utilisé la fonction "faire une pause".
Selon la plainte consultée par NPR, les procureurs généraux estiment que l'usage des réseaux sociaux a perturbé la scolarité et le sommeil de jeunes utilisateurs, voire a favorisé la survenue de troubles alimentaires et de dysmorphie corporelle. "Il fallait mettre les produits entre les mains des utilisateurs le plus vite possible ; par conséquent, les considérations de sécurité passaient après", a aussi témoigné Arturo Bejar, un ancien ingénieur de Meta devenu une figure du combat des familles, relate l'AFP.
Les deux camps ont livré deux versions d'un épisode devenu central dans le contentieux : l'autorisation des filtres imitant la chirurgie esthétique sur Instagram. Meta les avait suspendus, avant de consulter des experts qui recommandaient de les bannir. Mark Zuckerberg a néanmoins décidé de les rétablir en 2020, après avoir été informé de l'impact de ces filtres sur la croissance du groupe, a avancé l'accusation. Non, a répondu la défense : faute de données solides sur les dangers, c'est le respect de la liberté d'expression qui l'a emporté.
Alors qu'il connaissait les risques, "Meta (...) a mené une campagne pour tromper, pour induire en erreur ses utilisateurs, les législateurs, les enseignants et les parents" sur les effets réels des plateformes sur les jeunes utilisateurs, a toutefois fustigé Megan O'Neill, citée par l'AFP. Les procureurs ont notamment projeté des documents internes dans lesquels des salariés écrivaient que les fonctionnalités du groupe "exploitent les faiblesses de la psychologie humaine". L'avocat de Meta, Paul Schmidt, a estimé qu'il s'agissait d'équipes "dont la mission est de s'assurer que Facebook ne cause aucun préjudice", qui "identifient les problèmes et travaillent à les résoudre", martelant que le groupe avait cherch