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Actualité : Contrôle parental : ces applications censées protéger vos enfants pourraient en réalité leur faire plus de mal que de bien
Applications de surveillance, géolocalisation, lecture des messages… Le contrôle parental promet de protéger les ados. Panorama des meilleures pratiques pour les protéger sans empiéter sur leur vie privée.
© Pexels - Contrôle parental — Image d'illustration
Lire les messages, suivre les déplacements en temps réel, éplucher l'historique de navigation… le contrôle parental est devenu un marché à part entière, qui promet la tranquillité d'esprit contre quelques euros par mois. Pourtant, aucune de ces applications n'a démontré à ce jour qu'elle réduisait réellement les risques encourus par les adolescents, alors que ses effets sur la relation familiale, eux, sont documentés depuis longtemps. Nous avons donc trié les outils qui surveillent et ceux qui protègent, avec pour chacun les apports, les limites et les compromis à connaître avant de s'engager.
Le secteur pèse aujourd'hui plus de 1,5 milliard de dollars à l'échelle mondiale et pourrait tripler d'ici une dizaine d'années. Aux États-Unis, où le phénomène est le mieux mesuré, près de 7,5 millions d'enfants étaient suivis par une application de ce type en 2025. Le marché français reste plus discret, mais progresse au même rythme, porté notamment par les offres des opérateurs et des fabricants d'appareils.
Le problème tient moins à cette croissance qu'à ce qui la fonde, aucune application commerciale de surveillance n'a publié à ce jour d'essai contrôlé démontrant une baisse effective des dangers réellement encourus. En revanche, les effets indésirables se mesurent sans difficulté, puisque près d'un enfant surveillé sur cinq déclare se sentir épié ou privé d'intimité, et environ un sur dix estime que le dispositif a abîmé la confiance qu'il accordait à ses parents.
S'y ajoute également le cas des fausses alertes. Un exemple réel en guise d’illustration de ce mécanisme : une fillette de 11 ans dont la conversation avec une camarade portait sur le sujet des chiens d'assistance avait déclenché une alerte « automutilation ».
Pareillement, l’analyse de quelque 600 000 avis déposés sur les boutiques d'applications remonte 74 à 78 % d'évaluations positives pour les limiteurs de temps d'écran. Les outils plus intrusifs, qui scannent les contenus échangés, obtiennent quant à eux 44 à 48 % de notes positives.
L'idée selon laquelle « plus je surveille, mieux je protège » a été mise à mal dès le début des années 2000. Une étude clinique menée en Suède auprès de plus de sept cents adolescents et de leurs parents, a permis d'établir que ce que les parents savaient de la vie de leur enfant provenait très majoritairement de ce que celui-ci leur racontait spontanément, et non de leurs efforts de contrôle. Plus intéressant encore, c'est cette confidence volontaire, et non la surveillance, qui se trouvait associée à moins de comportements à risque. Les auteurs en tiraient une conclusion sans détour, à savoir que le pistage n'était pas la bonne réponse.
Deux décennies plus tard, des travaux universitaires transposés au terrain numérique ont confirmé le constat. En interrogeant plus de deux cents duos parent-adolescent et en analysant plusieurs centaines d'avis laissés par des enfants eux-mêmes sur les stores d'applications, les chercheurs ont observé que près de 8 avis sur 10 attribue deux étoiles ou moins à ces outils et que leur usage était corrélé à davantage de risques en ligne, et non à moins.
La CNIL a traduit ces constats en recommandation officielle. L'autorité invite à respecter un principe de proportionnalité tenant compte de l'intérêt de l'enfant, de son âge et de son niveau de maturité, cite explicitement la géolocalisation permanente comme exemple de dispositif intrusif, et prévient qu'un outil disproportionné risque d'altérer la relation de confiance avec le mineur tout en entravant son processus d'autonomisation. Elle insiste par ailleurs sur la transparence, puisqu'un enfant doit être clairement informé des modalités du contrôle mis en place.
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